COMPRENDRE MACKY SALL : Au début, fut le malaise !

COMPRENDRE MACKY SALL : Au début, fut le malaise !

Malaise politique, malaise économique, malaise social, et plus grave encore, malaise moral, qui nous révélaient tous, que la décadence et le dépôt de bilan du Sénégal étaient là, et bien réels.
Aucun glossaire de n’importe quelle langue et de n’importe quel dialecte, n’était suffisamment expressif pour en rendre compte.
Sur le plan institutionnel l’érosion tragique des bases constitutives de notre république était devenu alarmante, et elle était révélée par l’inégalité des citoyens devant la loi, la fragmentation des droits et devoirs citoyens selon la proximité partisane ou l’asservissement politique, ainsi que la mise en sursis de la laïcité.
Il était en effet symptomatique de constater que, face à un régime porteur de valeurs autocratiques, drapées dans un idéal monarchique, les sénégalais avaient pris la mesure de l’irréparable vers lequel, inexorablement, glissaient le Sénégal et ses institutions.
Du reste, liés par un seul sentiment, celui de l’effroi devant la désacralisation ostensible de nos institutions héritées d’une longue tradition démocratique, mais aussi, celui du désarroi profond face à la dilution des bases élémentaires, constitutives d’un Etat, particulièrement celui de droit ; les Sénégalais avaient pris conscience de la fragilité subite de notre République, dont les valeurs étaient restées cruellement ignorées par nos gouvernants de l’époque.
Sous un autre aspect, après son rétrécissement et l’abandon de ses responsabilités, l’Etat s’était mué en patrimoine cessible et aliénable en fonction des intérêts d’un régime qui se cherchait toujours.
Quant à la constitution désacralisée et aux institutions discréditées, elles étaient en perpétuelles coupes réglées pour assouvir des desseins qui ne trompaient plus.
C’est pourquoi était faite notre certitude, que cet infléchissement institutionnel sans précédent, susceptible d’aliéner notre république à toutes formes d’inconvenances démocratiques, révélait, chez nos gouvernants, une seule chose : un atavisme de l’esprit chez tous ceux qui tiennent à conserver le pouvoir avec autant de prévenances que de craintes expiatoires.
Et dans l’émoi de ce génocide républicain, l’on ne se désolait jamais assez que Notre pays fut habillé d’une camisole antidémocratique mal taillée aux attentes des sénégalais et tissée avec des doublures autoritaires, rebelles à tout dialogue et à toute concertation.
Sous un autre ressort, il était très regrettable de noter que la souveraineté ne résidait plus dans le peuple Sénégalais et n’était plus pour le peuple sénégalais, mais pour une minorité dirigeante.
C’est ainsi que la plupart de nos institutions, gravement souillées dans leur esprit, étaient confinées à une seule mission, notamment corrompre l’esprit juridique qui, dit-on, de toutes les corruptions, demeure la plus dangereuse ; du moment qu’elle donne aux pires exactions une apparence froidement légale.
Et dès qu’à ce brouillage juridique, venait s’ajouter un brouillard institutionnel, les sénégalais se perdirent dans les pénombres du crépuscule républicain.
Sur le plan social, la prouesse, rare, d’accommoder les sénégalais avec le pire, avait été réussie.
Jamais le sénégalais n’avait connu un aussi profond marasme social sur fond d’inondations, de délestages, de misère structurante et d’afflictions sociales de tous genres.
Tout était devenu donc paradoxe dans notre pays.
Paradoxe qu’au vingt et unième siècle, la plupart des indicateurs sociaux nous rappelaient ceux d’avant indépendance, tranchant totalement d’avec les rêves d’après alternance.
Paradoxe qu’au moment où nos pairs africains avançaient inexorablement, le Sénégal était à rebours.
S’agissant de l’économie, tâtonnements, pilotage à vue, sur fond d’immobilisme et de prévarication n’avaient eu qu’un seul mérite ; nous faire découvrir le moyen âge ; parce que justement les fondamentaux de notre économie étaient outrageusement sapés, si ce n’est que certains écarts dans l’esprit et la méthode avaient fini d’en extravertir aveuglement le sens.
D’une impasse, le Sénégal fut profondément englué dans les abimes d’une mal gouvernance économique qui, à défaut d’énoncer des propositions salvatrices, avait surtout encouragé la débâcle de nos équilibres les plus fondamentaux.
Et puisque l’intolérable économique avait été porté à un niveau d’incandescence jusque-là inimaginable, la foi des sénégalais en l’avenir devint tout simplement corrompue ; si ce n’est qu’elle fut totalement perdue.
Ravagés ainsi par des déceptions itératives, noyés dans un profond désespoir, désarmés face aux enjeux de l’époque, les sénégalais étaient en proie au renoncement et au pessimisme ravageur.
Les persistantes rhétoriques, telles la GOANA et autres anesthésiants sociaux, manquant de profondeur et de rigueur dans le procédé, n’avaient produit que des effets de surface, juste pour occuper le challenge, et étaient tombées en déshérence.
La balance commerciale du Sénégal, structurellement déficitaire, associée à un taux d’endettement en croissance et à une politique budgétaire inspirée du clientélisme et du patronage politique, en passant par les dérapages budgétaires, voilaient lourdement l’horizon des futures générations.
La seule performance qu’aura réussie le régime libéral finissant, aura été de faire du Sénégal un Pays à haut risque pour tout investisseur.
S’agissant particulièrement de l’agriculture, le panorama affligeant du monde rural, a tort attribué aux aléas climatiques, était uniquement dû aux options cavalières d’un régime en mal de clairvoyance dans ce secteur.
Jamais le monde rural, depuis l’indépendance, n’aura vécu d’aussi rudes turbulences et d’aussi éphémères illusions : Misère et angoisse s’y donnaient libre cours.
Quant à la gouvernance politique, l’enlisement éthique était si profond que la pudeur nous interdit même de passer en revue ses différentes articulations.
Il n’est d’ailleurs point fortuit de signaler qu’erreurs de posture, combinées au repli de la puissance morale collective en faiblesses individuelles, ont été dommageables à l’exigence de cohésion nationale, et avaient empêché des lucidités exceptionnelles de jaillir de ce régime-là.
Il était seulement symptomatique de souligner, à ce titre, que dans le bréviaire de nos gouvernants, la vertu, la vérité, la transparence, l’humilité, l’honnêteté, le don de soi pour la république et la Nation, n’avaient aucune place.
Voilà ce qui avait valu à notre Pays, d’être largement éligible au défilé de la mal gouvernance et de voir son crédit international tristement sapé.
C’était cela, notre Sénégal d’hier, assailli par des fractures innommables, installé dans un chaos savamment orchestré, et si maladroitement disloqué qu’il nous fallait le réhabiliter, le redresser et pourquoi pas le remembrer.
Autrement dit, l’association et la persistance de tous ces stigmates qui accablaient le Sénégal, avaient constitué le lit du dépit des sénégalais, mais surtout demeuraient le substrat de leur soif avide d’un nouveau projet de société, inspiré d’une nouvelle éthique politique ; elle-même assise sur une nouvelle philosophie dans l’action publique, que devait promouvoir le Président Macky SALL.
C’est d’ailleurs de ce point de vue que Macky SALL a pris la mesure des urgences de l’heure et des défis qui, lourdement, s’imposaient au sénégalais, en leur faisant porter, bien entendu, la marque d’un pressant besoin d’identification à une nouvelle ère qui serait révélatrice de ruptures hardies, si exigibles pour notre Pays.
Alors, Ruptures dans le penser, ruptures dans le faire, ruptures dans le vouloir, ruptures dans le croire, qui, tous, demeurent de sérieux viatiques pour l’éclosion d’une nouvelle identité collective exigée par la foi retrouvée des sénégalais e…


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