MBAYE TOURÉ, DAF DE LA MAIRIE DE DAKAR : « Les dépenses qu’on faisait de ces fonds n’étaient pas autorisées dans le cadre de la caisse d’avance, mais…»

MBAYE TOURÉ, DAF DE LA MAIRIE DE DAKAR : « Les dépenses qu’on faisait de ces fonds n’étaient pas autorisées dans le cadre de la caisse d’avance, mais...»
Il semble être l’élément central du dossier. Lui, c’est Mbaye Touré, Directeur administratif et financier (DAF) de la mairie de Dakar, et il donne l’air de quelqu’un qui maitrise bien son sujet. Association de malfaiteurs, complicité de faux et usage de faux en écritures de commerce, fausses factures, faux documents, faux procès-verbaux de réception de denrées, faux mandats de paiement, détournements de deniers publics et escroquerie, sont les chefs d’inculpation retenus contre lui. Mais il ne les reconnaît pas.
D’emblée, Mbaye Touré a fait savoir qu’il a été recruté à la mairie de Dakar depuis 1992 comme cadre supérieur. Faisant l’histoire de la caisse d’avance, il informe que celle-ci était justifiée auprès du ministre de l’Economie et des Finances entre l’ordonnateur et le comptable public.
« La caisse d’avance a été créée en 1997 pour gérer les dépenses politiques. Il y a eu, en 2003, un décret qui règlemente les régies de dépense et de réception. Son fonctionnement ne correspondait pas aux critères définis par le décret 2003. Les dépenses qu’on faisait de ces fonds n’étaient pas autorisées dans le cadre de la caisse d’avance. Mais, elles ont été toutes acceptées par les percepteurs qui libéraient les fonds. Depuis 1997, il y a 7 ou 8 percepteurs qui sont passés à la mairie. Ils ont tous accepté les justificatifs proposés. Le percepteur Ibrahima Touré avait refusé d’alimenter la caisse d’avance soutenant que les justificatifs n’étaient pas conformes. Mais, c’est après avis de ses supérieurs qu’il a commencé à payer », a révélé le DAF.
« Quand j’ai vu ce mécanisme de fonctionnement, je me suis dit qu’il s’agissait de fonds politiques. C’est ce qui a dicté mon comportement. On n’a pas été très regardant parce qu’on a compris qu’il s’agissait de fonds politiques. La caisse d’avance n’était qu’un support pour la gestion de fonds politiques », argumente-t-il.
« Tous les actes que j’ai eu à poser relèvent du fait que cette caisse là, ce sont des fonds politiques. Je n’exécute pas directement les dépenses. Les fonds sont remis au maire. Il les gère de façon discrétionnaire. Je ne gérais pas les fonds même si j’ai été nommé gérant de la caisse. Comme il s’agit de fonds politiques, je ne suis pas en mesure de dire quelle utilisation en a été faite », a-t-il réitéré.
Dans le même sillage, Mbaye Touré révèle : « Le percepteur municipal remettait les fonds au maire. Si ce n’était pas des fonds politiques, je devrais les garder par devers moi et exécuter les dépenses qui sont inscrites dans la caisse d’avance. »
Le DAF a reconnu avoir signé les documents qui lui ont été soumis tout en sachant qu’ils n’étaient pas authentiques mais servaient juste de pièces justificatives des fonds décaissés. Lesquels étaient de 30 millions de francs CFA mensuels.


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