Porfirio Fisac, sélectionneur du Sénégal «Les Lions ne peuvent pas tomber dans l’euphorie»


 

A la veille du quart de finale contre l’Angola, le sélectionneur national, Porfirio Fisac, croit que les Lions ont la tête sur les épaules. Surtout que l’objectif est d’aller au bout de cet Afrobasket.

Entretien

Qu’est-ce qu’il faut à un technicien pour amener son équipe à la victoire finale d’une grande compétition de  la science ou de la chance ?

Je crois que la chance il faut aller la chercher. Ce n’est pas toujours offert. Le plus important est que tout le monde sache qu’il y a des acteurs et ce sont les joueurs. Si quelqu’un d’autre veut se donner un rôle qui ne lui correspond pas, le travail ne donnera pas le résultat attendu.

L’entraineur que vous êtes qu’apportez-vous à l’équipe et aux joueurs ?

Cette équipe à un grand cœur qui de l’énergie qui va toujours de l’avant. Mon travail est de réunir tout le monde pour que nous progressions dans le même sens. Cela est le plus important que chacun sache quelle est sa fonction dans l’équipe. Même si un joueur est plus important que les autres sur le plan médiatique, pour un entraineur tous les joueurs ont la même importance.

A ce jour, êtes-vous convaincus d’avoir une équipe capable d’aller au bout ?

La première chose à faire est d’être prudent qu’on a se concentrer sur le prochain adversaire qui est l’Angola. Penser à ce qui va venir dans le futur, ce serait une grosse erreur. Chaque match doit être joué comme étant le dernier. Et ne pas penser au prochain.

Lorsque vous parlez de prudence c’est par rapport à la valeur de l’équipe d’Angola ou à l’euphorie qui pourrait emporter les Lions…

C’est dans cette phase d’une compétition que commence réellement le travail d’un entraineur. Je peux vous assurer que mes joueurs ne vont pas tomber dans l’euphorie. Etre prudent, c’est respecter l’adversaire. Et que tout le Sénégal sache que nous n’avons encore rien fait. Il va falloir encore travailler à réussir quelque chose. Etre prudent, c’est de se concentrer que sur le quart de finale (jeudi).

A quel niveau doit-on craindre cette équipe angolaise ?

C’est une équipe qui a démontré ces dernières années qu’elle est la meilleure en Afrique. Le pays qui a le meilleur championnat au niveau local. Ces joueurs sont expérimentés avec un bon niveau technique et tactique. Cela fait que pendant un Afrobasket, c’est un candidat sérieux au titre. Tout comme les autres équipes qualifiées au second tour. Il faut les respecter toutes.

Mais ce n’est pas l’adversaire que vous souhaiteriez rencontrer dès les quarts de finale…

Je suis un entraineur qui n’aime pas spéculer sur les matchs à jouer. Si un entraineur croit pouvoir être champion de l’Afrobasket en choisissant ses adversaires, il n’a pas sa place sur le banc d’une équipe comme celle du Sénégal. Un entraineur doit affronter tout ce qui vient et montrer qu’il est le meilleur.  Pour moi l’adversaire qui sera devant est toujours à battre qui qu’il soit.

Au sortir des trois matchs de Dakar, vous vous dites que ce sont les adversaires qui étaient faibles ou c’est l’équipe du Sénégal qui était trop forte…

A Dakar, il y a eu pas mal de circonstance qui n’était pas qu’au niveau de l’équipe. Nous avions la chance d’avoir le public qui était en connection avec les joueurs. Ce qui nous  permis de prendre du plaisir à chaque match et à chaque minutes. Je ne crois pas qu’il y avait une différence entre les équipes.

Croyez-vous qu’il est possible de rééditer la même performance face à des adversaires qui semblent plus costauds ?

C’est compliqué de savoir ce qui peut se passer dans un match. Toutefois, l’enseignement à retenir est qu’ici (à Tunis) nous serons livrés à nous même. Il n’y aura pas le public pour pousser et aider les joueurs à se transcender. Nous jouerons chaque minute des matchs pour gagner sans essayer de savoir comment évolue le score.

On a vu une équipe du Sénégal agressive n défense et qui cherche à épuiser l’adversaire physiquement…

J’essaie de donner à l’équipe du Sénégal la meilleure philosophie de jeu. Et que ça reste pour longtemps. Ce que je veux est qu’on sache que le Sénégal à son propre style et cela demande dessacrifices. C’est cela que le peuple du basket sénégalais attend de son équipe qui doit pourvoir présenter le pays de la meilleure des manières en Afrique et dans le monde.

Trouvez-vous que vos joueurs sont assez forts sur le plan mental ?

Depuis le début de la préparation, les joueurs ont travaillé avec des idées claires. Ils sont conscients du fait que nous adapté une philosophie et un style de jeu. Ils savent que l’erreur est permise, dans ce cas il faut avoir une mentalité positive et passer à l’action suivante. Je crois qu’ils sont prêts pour le prochain match (contre l’Angola).

Lors de la préparation à Dakar, on vous a souvent vu nerveux et en engueulant les joueurs. Recherchiez-vous quelque chose en se comportant de la sorte ?

Je ne m’énerve pas contre mes joueurs. Nous travaillons ensemble. Maintenant si je vois qu’ils ont besoins qu’on les secoue, je le fais. Je suis rigoureux dans un match comme à l’entrainement. J’aime aussi tester leur niveau mental et physique. S’ils ont besoin d’énergie je dois leur apporter cela. Je ne suis pas qu’un entraineur.

Donc, vous jouez aussi un rôle de psychologue…

Chaque entraineur a en lui une part de psychologue. C’est ce qui lui permet d’arriver à communiquer avec les joueurs, à faire passer son message et à les comprendre. C’est à ce niveau que l’on distingue les bons coachs.

Croyez-vous avoir apporté un plus aux Lions et à l’équipe…

En tant que professionnel, il n’y a que le résultat qui compte. Le jour où je gagnerais quelque chose avec le Sénégal, c’est seulement en ce moment que je me sentirais satisfait de mon travail. En attendant que cela arrive, nous sommes actuellement sur un chemin dont on ne connait pas l’issue.

Cela veut dire que ce serait un échec si le Sénégal ne gagne pas le trophée…

Dans la vie l’échec, c’est pour ceux qui ne tentent rien. Si on veut réussir quelque chose et qu’on n’y parvient pas, cela peut être considéré comme une erreur ou une déception. Mais l’échec, ce n’est pas la finalité pour nous. Mes joueurs et moi veulent aller au bout.

Qu’est-ce qui peut nous faire gagner ou perdre ce quart de finale ?

Je ne veux pas parler de tactique avant un match. C’est privé. L’Angola est un adversaire qui a de bonnes capacités avec différentes options en attaque et en défense. Nous devons étudier les schémas à mettre en place.

Vous allez compter sur les douze joueurs…

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On sait toujours avec qui on démarre un match, mais jamais avec qui on va le terminer. Ça dépend de comment je ressens le match. C’est ce qu’on appelle : l’instinct du technicien. Ce que je ferai durant contre l’Angola, je le sais. Mon seul souhait est de gagner, c’est pour cela que je suis payé.

Gorgui Dieng qui est le leader technique de cette équipe se retrouve avec une moyenne de 20 minutes de temps de jeu. Quelle explication donnez-vous à cela ?

Gorgui Dieng reste le leader de la cette équipe du Sénégal. Mais je crois que dans une sélection nationale, on a besoin de l’appui d’autre joueurs. Pour moi, j’ai à ma possession 12 grands joueurs. Et chacun à son rôle qui n’est pas déterminé par le temps de jeu. C’est moi l’entraineur qui distribue les rôles.  Gorgui est un acteur important dans cette équipe.

On avait des inquiétudes pour le secteur des meneurs avec la blessure de Xane d’Almeida. Etes-vous satisfaits de ceux qui sont au poste ?

 Cela fait une semaine que le championnat a commencé et pour moi j’ai les meilleurs meneurs disponibles. Je ne peux pas me lamenter pour des joueurs qui ne sont pas là. Clevin (Hannah), Louis (Adams) et Thierno (Niang) sont bons. Avec eux je peux faire plusieurs combinaisons. Jusque-là c’est Thierno le titulaire. On verra ce qui va se passer sur le prochain. Je suis satisfaits de mes meurs

Il y a un autre secteur stratégique qui est l’intérieur. Est-ce que le rendement des pivots est appréciable ?

C’est un compartiment où le Sénégal a des joueurs de grande qualité qui jouent dans les meilleurs championnats du monde. Le Sénégal est couvert à ce niveau. Gorgui (Dieng) et Maurice (Ndour) sont titulaires et les autres apportent un plus.

Tous les titres du Sénégal sont gagnés par les coachs locaux. Croyez-vous pouvoir refaire l’histoire ?

Mon objectif est d’aller au-delà de gagner l’Afrobasket. Je veux laisser des traces de mon travail des deux dernières années. C’est cela qui me rend heureux. Le reste vient après. Actuellement je ne pense qu’au match contre l’Angola et non à la coupe.

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