Note critique à Macky Sall


Monsieur le Président,
Il est de notoriété publique que vous et à la grande majorité de vos hommes, femmes et jeunes ignorez carrément le sens du mot «générosité politique». Cela s’est manifesté de manière flagrante lors des dernières investitures pour les Législatives ou vous vous êtes gavés de presque tous les postes. L’installation des Comités électoraux et la campagne au niveau local fut une affreuse douleur pour le Ps, tellement les militants de l’Apr sont difficiles, incapables d’aucun dépassement, voulant s’accaparer de tout. Triste scénario pour un parti au pouvoir, mais compréhensible, car la culture politique, je dirai la formation politique, est un vaccin jamais pris chez bon nombre de vos militants.

Monsieur le Président,
Le dernier gouvernement, grosse forfaiture politique, où vous vous en êtes déloyalement pris au Ps en le privant du nombre de ministres à la hauteur de sa fidélité à la coalition Benno bokk yaakaar (Bby), de ses sacrifices et de tous les efforts consentis pendant les dernières joutes électorales, est inacceptable et démontre une fois de plus l’incapacité de l’Apr et de ses leaders à respecter foncièrement leurs alliés. Etre nommé chef ne suffit jamais à asseoir un pouvoir. Vous le savez certainement, encore que la soif du monarque n’est pas étanchée.

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Monsieur le Président,
L’apport significatif du Parti socialiste qui a joué pleinement sa partition lors des dernières élections législatives, particulièrement à Dakar, n’était pas à négliger. En effet, tous les maires socialistes qui s’étaient engagés dans cette bataille électorale ont gagné leur commune avec un écart de deux-mille quarante-une (2 041) voix pour Jean-Baptiste Diouf de Grand Dakar, mille trois-cent soixante-dix-neuf (1 379) voix pour le doyen Doudou Issa Niasse de Biscuiterie, mille deux-cent vingt-une (1 221) voix pour Alioune Ndoye de Dakar-Plateau et trois-cent quatre-vingt-quinze (395) voix pour Amadou Samba de Camberène. De même, sur un différentiel positif de deux mille sept-cent cinquante-quatre (2 754) voix de Benno bokk yaakaar  (Bby) à Dakar, le Parti socialiste a apporté cumulativement cinq mille trente-six (5 036) voix. En outre, il y a le travail considérable des autres responsables socialistes qui ont participé activement à la victoire de notre liste à Dakar : Babacar Sarr à Ouakam, Idrissa Ndiaye à Yoff, Mamadou Wane aux Parcelles Assainies, Latyr Diagne à Fass Gueule-Tapée Colobane, Ousmane Faye à Hann Bel-Air. Et encore, que je ne vous ai rappelé ici que les résultats de Dakar dont vous avez bien connaissance.

Monsieur le Président,
Ce n’est pas parce que le baobab ne court pas que le sol n’en ressent pas le mouvement. De futures joutes pointent à l’horizon et vous n’aurez qu’à vous en prendre à vous-même si vous continuez à arbitrer de la sorte. Il n’est pas question que le Ps se laisse affaiblir à cause de notre compagnonnage avec la coalition Benno bokk yaakaar (Bby). La jeunesse prendra ses responsabilités. En tout cas, celle de mon parti vous le fera sentir. Et croyez-moi, cela n’est pas que parole d’un jeune politique. Et rassurez-vous, même dans vos propres rangs «apéristes», le vote sanction et l’inaction seront monnaie courante, car vous semblez être le seul à comprendre votre arithmétique collaborative. Votre jeunesse, la jeunesse de votre parti, est même désabusée et marche à tâtons.

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Monsieur le Président,
Je ne me laisserai pas museler et si cette posture est pour vous une offense, voire un crime à votre égard, alors que votre police vienne me chercher. De toute façon, je ne serai pas le dernier à qui vous tenterez d’imposer le silence parce qu’apparemment vous vous sentez si souvent offensé en tant que chef de toute une Nation, de quatorze millions de Sénégalais. En ce sens, vous avez encore beaucoup à apprendre du président Ousmane Tanor Dieng. Laissez respirer le Peuple ! Laissez s’exprimer la population et occupez-vous de relever les défis de son insatisfaction au lieu de la bâillonner à tour de bras et à chaque éternuement ! Thomas Sankara ne prévenait-il pas que «Malheur à ceux qui bâillonnent le Peuple !»

Monsieur le Président,
Le Ps est un fidèle allié. Souvenez-vous-en ! La politique n’est pas une caresse et demain il fera jour. J’ose espérer que vous me comprenez.
Alain SAMBOU
Secrétaire Général des Jeunesses Socialistes de Ouakam
samboualain@gmail.com

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