Au Kenya, l’opposition exige que son candidat soit proclamé vainqueur


L’opposition kényane revendique jeudi la victoire de son candidat Raila Odinga, 48 heures après l’élection présidentielle, faisant craindre de nouvelles violences dans les jours prochains. Les résultats définitifs ne pas encore connus.

Quarante-huit heures après l’élection présidentielle au Kenya, l’opposition exige jeudi 10 août que son candidat Raila Odinga soit déclaré vainqueur, remettant en cause les les résultats provisoires de la Commission électorale qui créditent le dirigeant sortant Uhuru Kenyatta d’une très large avance.

Cette déclaration, au lendemain de violences sporadiques qui ont fait quatre morts, pourrait raviver les tensions dans un pays encore profondément marqué par les violences post-électorales de 2007-2008, qui avaient fait au moins 1 100 morts et plus de 600 000 déplacés.

Le numéro 3 de l’opposition, Musalia Mudavadi, disant se fonder sur des résultats figurant dans la base de données de la Commission électorale (IEBC), a affirmé que Raila Odinga avait obtenu un peu plus de huit millions de voix contre 7,75 millions pour le président sortant Uhuru Kenyatta.

Sur son site, l’IEBC présente pourtant des résultats provisoires qui donnent 54,27 % des suffrages à Uhuru Kenyatta, contre 44,84 % à Raila Odinga, sur un total de 15 millions de votes comptabilisés dans près de 99 % des bureaux de vote.

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Le président de l’IEBC, Wafula Chebukati, a rejeté la requête de l’opposition et indiqué que le nom du vainqueur serait annoncé d’ici vendredi midi, une fois que les résultats complets auront été compilés au niveau des 290 circonscriptions du pays.

“Uhuru doit partir”

Dès le lendemain du scrutin, le candidat de l’opposition avait dénoncé “une fraude d’une gravité monumentale”. La Commission a reconnu qu’il y avait une tentative de fraude mais que celle-ci avait été empêchée.

Vendredi, la déclaration de victoire de l’opposition a déclenché des scènes de liesse dans ses fiefs, où des violences isolées avaient éclaté la veille.

À Kisumu, dans l’ouest du pays, où des centaines de manifestants avaient érigé des barricades et brûlé des pneus avant d’être dispersés par la police mercredi, des centaines de personnes sont descendues dans les rues pour fêter cette annonce.

Plusieurs centaines de personnes ont également parcouru les rues de Mathare, un bidonville de Nairobi, où la police avait abattu deux manifestants mercredi, en scandant : “Uhuru doit partir”.

Avec AFP

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