Muet depuis un an et toujours titulaire : Le paradoxe Mame Biram


Pas un seul but en Equipe nationale depuis un an, Mame Biram Diouf continue pourtant d’avoir la confiance du sélectionneur des Lions, Aliou Cissé. Un paradoxe qui n’aide pas le joueur qui est en plein doute, aussi bien chez les Lions qu’en club.

Samedi, lors du match Sénégal-Guinée Equatoriale (3-0), Aliou Cissé a titularisé Mame Biram Diouf à la pointe de l’attaque, en duo avec Moussa Sow. Un choix dicté sûrement par l’expérience de ces deux cadres de la Tanière qui avaient à cœur de se réajuster après le nul blanc concédé quelques jours avant face à l’Ouganda. A l’arrivée, Moussa Sow a assuré en s’offrant un doublé. Une belle perf’ que nous a habituée notre buteur-maison. Par contre ; c’était encore la déception du côté de Mame Biram Diouf qui décidemment n’y arrive toujours pas. Même décalé à droite en seconde mi-temps, il n’a pu se libérer, multipliant les centres ratés et les passes à l’adversaire.

Son dernier but, en juin 2016 contre le Burundi (2-0)

Une situation d’autant plus inquiétante pour le joueur de Stoke City qui n’a plus marqué avec les Lions depuis maintenant un an. Son dernier but remonte à juin 2016 contre le Burundi (2-0). D’où des questions qui reviennent au galop : pourquoi le sélectionneur insiste sur Mame Biram Diouf qui visiblement est en plein doute ? Pourquoi Aliou Cissé tient vaille que vaille à le titulariser en tout lieu et en toute circonstance ? 

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Lors de la dernière Can au Gabon, où il a été transparent, le coach des Lions avait tenté de convaincre son monde en déclarant : «Je suis content de ses prestations, il est dans l’état d’esprit que j’attends, dans l’identité que je veux mettre en place  pour l’Equipe nationale,  il fait des efforts, il travaille pour l’équipe, il est généreux. Si on se procure autant d’occasions, c’est parce qu’il est capable de créer des brèches par ses appels et par sa générosité à nous amener autant de profondeur. Et être capable dos au but de recevoir le jeu et cela est intéressant. Un attaquant on le juge par des buts, et je suis sûr qu’il nous marquera des buts. Mais je suis content de ce qu’il fait.» Des mots somme toute élogieux mais qui n’ont pas dopé Mame Biram qui est resté muet à l’issue du premier tour et aussi en quart de finale contre le Cameroun.

Même situation que Moussa Konaté

En fait, l’argument souvent brandi par le sélectionneur repose sur la capacité du joueur à gêner la relance adverse, en faisant un pressing haut. Mais c’est oublier que ce qu’on demande d’abord à un attaquant c’est de marquer des buts. Le travail de récupération en phase défensive ne doit pas être une obsession allant jusqu’à impacter les qualités offensives du joueur.

Malheureusement, c’est ce que l’on constate chez Mame Biram Diouf qui a tendance à laisser beaucoup de force en phase défensive, «oubliant» de gérer ses efforts. Ce n’est donc pas une surprise si on le voit souvent avec son club, Stoke City, au poste de latéral ou excentré droit. Une probable piste de reconversion sûrement pour ce joueur de caractère qui se donne à fond dans un match.

Mais cela ne suffit pour un avant-centre dont la mission première est de marquer des buts. Du coup, Aliou Cissé doit comprendre qu’il ne rend pas service à Mame Biram à vouloir le titulariser à chaque match. Au contraire, il l’expose aux critiques et cela «détruit» le joueur. Le «reposer» à l’image de Moussa Konaté (Fc Sion), qui est dans la même situation que son ainé, serait le plus grand service qu’il peut lui rendre.

Lequotidien

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